Historique et Archéologue

Le territoire de VERSIGNY a été occupé dès l’époque celtique. On a retrouvé récemment les substructions d’une ferme gauloise non loin du village actuel. Mais la première implantation humaine d’importance ne semble pas remonter au-delà du premier siècle après J.C.  Elle est liée à la création, après la conquête des Gaules par Jules César, d’une voie allant de REIMS à PÉRONNE.  Appelée localement « vieux chemin de LAON au Chaufour, la route de LAON-LA FERE passait sur le territoire de CREPY (en Laonnois) et gagnait ROGECOURT comme en témoigne la confirmation en 1158 des biens de la commanderie de Puisieux par l’évêque Barthélémy qui la qualifie lui-même de voie romaine . Son tracé se distingue assez mal sur le terrain mais les fouilles archéologiques réalisées dans les années 1970 ont montré qu’elle mesurait environ dix mètres de large.

 

En bordure de la voie, au lieu-dit « Les Longues Tailles » ces mêmes fouilles ont mis à jour un « fanum » du IIIème siècle dont la « cella » rectangulaire était entourée d’une galerie couverte et d’un quartier d’habitation qui a livré un important mobilier. Le site a été occupé dès le premier siècle. Cette première phase d’occupation se poursuivit jusqu’au début du III°  siècle. Le site fut ensuite abandonné pendant un demi-siècle et réoccupé à l’époque de l’empereur Gallien.

 

A l’époque franque, VERSIGNY était encore un centre de peuplement relativement conséquent. Il devait l’être aussi sous les carolingiens car selon l’historien Melleville, Charlemagne reçut dans la villa de VERSIGNY les hommages et les présents d’Hildebrand, duc de Spolette en 779. En 879 le roi Charles le Chauve y serait tombé gravement malade.

 

La première mention dans les textes remonte au VII° siècle et le nom de « villa Versiniacum » est cité dans un diplôme de Hugues CAPET ce qui montre l’importance du site.

 

Dès le XI° siècle, l’abbaye Saint Vincent de LAON possédait la moitié du village qui devin t ensuite propriété des évêques de LAON. Au début du XII° siècle la villa de VERSIGNY  faisait partie du domaine épiscopal. Afin de faciliter l’implantation des Prémontrés dans le diocèse de LAON, l’évêque Barthélemy se lança au début du XII° siècle dans une politique de donation en faveur des frères de Saint-Norbert. Sur son domaine de VERSIGNY ses libéralités furent nombreuses. Le 2 novembre 1117, il fit don à l’abbaye Saint-Martin de Laon d’un four, de maisons et de terres « apud Vercigniacum, villam nostrum ». Il y ajouta deux charruées en 1128 et une terre inculte, un bois et un pré, l’année suivante. Ces dispositions, confirmées en 1153 par l’évêque Gauthier de Saint-Maurice, sont probablement à l’origine de la ferme Saint-Martin, qui revint à l’évêché lorsque le titre abbatial lui fut uni en 1730.

 

C’est à VERSIGNY qu’était située une des trois charruées que Barthélemy donna à Saint-Norbert  en 1121. L’abbaye de Prémontré doit encore à cet évêque une autre charruée de terre qu’elle acquit contre un cens annuel de deux sous payable à la Saint-Rémi.

 

Cette générosité de Barthélemy de Jur et de Gauthier de Saint-Maurice en faveur des Prémontrés aboutit à un appauvrissement du domaine épiscopal dénoncé par leur successeur, Gauthier de Mortagne. Au cours des trois premières années de son épiscopat ce dernier s’attacha à accroître son temporel par des acquisitions, des défrichements et par une réduction des libéralités de ses prédécesseurs. A VERSIGNY il se contenta d’aumôner aux chanoines réguliers de Saint-Martin une charruée de terre inculte et stérile.

 

Poursuivant l’œuvre de Gauthier, Anselme de Mauny manifesta une réelle habileté à saisir les occasions favorables. C’est ainsi que, profitant de la banqueroute du vidame Gobert (ou Gérard ?) de Clacy, il put lui racheter en 1218 ses biens d’Anizy, Septvaux, Pouilly et Versigny pour 2000 Lp.

 

L’évêque vit reconnaître par le Parlement en 1278, ses droits de justice et de garenne sur tout le territoire de VERSIGNY hors le bois qui appartenait au seigneur de Coucy.

 

Au XVIII° siècle la seigneurie de Versigny  se composait de :

 

-  La justice haute, moyenne et basse avec tous les droits appartenant aux hauts justiciers, même sur la ferme de Macquigny que possédait l’abbaye de Saint-Nicolas-aux-Bois.

-  Une ferme (Saint-Jean ?) composée de 187 setiers 52 verges de terre, pré bois et aulnaie.

-  Treize bois d’une surface totale de 427 arpents 25 verges, suivant le plan levé en juin 1734. Les habitants de Versigny  avaient dans ces bois le droit d’usage, ainsi que de couper toute espèce de bois, hormis le chêne.

-  Le droit de chasse et de garenne. Les droits de l’évêque sur cette garenne furent établis par la charte de 1277-8, qui reconnut que le Sire de Coucy avait eu tort d’y faire pendre Jean Tartarin, homme de corps dudit évêque. Dès le moyen âge les habitants de Versigny avaient la faculté de chasser sur les terres et dans les bois « à toutes bestes quelzconques à chiens, à filez, à hernois et à tous autres engins quelzconques ».

-  Un surcens de 87 setiers de blé à prendre chaque année sur les trois moulins de La Fère

-  Une rente de 12 jalois d’avoine à prendre sur le moulin de Rogécourt

 

 

Le domaine foncier de la seigneurie comprenait donc 187 setiers 52 verges, mesure du lieu, et 427 arpents  25 verges, mesure royale, soit en tout 282 hectares 63 ares sur les 1289 hectares que compte le territoire de VERSIGNY.

 

Aux XII° et XIII° siècles, VERSIGNY avait également  des seigneurs laïques relevant du comté d’Anizy.

 

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